samedi 22 novembre 2008

Et un jour je l'ai vue


Elle était là, avançant vers moi dans la rame du métro.
Les habits hétérogènes, comme à chaque fois, et elle avait son sac Lulu Castagnettes. Riez.
J'étais au bout de la rame, et elle avançait vers moi dans la rame du métro. Avec son sac Lulu Castagnettes.
Elle me vit. Je détournais le regard, je n'arrivais pas à surmonter son regard. Ses chaussures, sa jupe, son sac Lulu Castagnettes, son pull rose; au plus profond de moi, la regarder me faisait étrangement mal. Et pourtant je la voyais si souvent, dans les rames du métro. Et les gens dans le métro restaient tellement indifférent, semblaient tellement indifférents, sur leur strapontins, les jambes croisées, les regards endormis, tandis qu'elle avançait vers moi, et que je me forçais à garder le regard dans le vague. Je m'en mordais la lèvre.
Mais elle était trop près, je ne pouvais plus l'éviter. Elle posa son regard sur moi, et je ne pus que le croiser.
Son regard plein d'espoir. Et son gobelet à café dans la main, son gobelet vide.
-Monsieur, s'il vous plait, j'ai faim
Et moi qui m'en mordais la lèvre. J'aurais pleuré.

Et je marchais dans les tunnels du métro. Et j'entendais un orchestre symphonique, tandis que je m'approchais de la ligne 6, celle ou les gens se suicident. Une femme maigre aux vetements dépareillés jouait du violon. Et cela ajoutait à l'athmosphère de la capitale. Et les gens passait sans même la regarder. Et moi je marchais, je la regardais mais je marchais, et je manquais de renverser un enfant devant moi. La capitale si froide et si triste.
Et moi qui m'en mordais la lèvre inférieure. J'aurais pleuré.

Et puis j'ai vu Luna, j'ai vu Edouard et j'ai souri.
Bonne nuit Paris.

2 commentaires:

Sasa a dit…

Je t'ai fait un poème
Sur un ticket de caisse
Envolé, en Bohème.
Stupide Vent de Metz.

J'écrirai mon poème
Sur des feuilles d'argent
Envole-les, Vent blême
Vers la petite enfant.
<3

Anonyme a dit…

J'ai presque pleuré. De pitié.

-A-