vendredi 30 octobre 2009

Oui, on se la joue à grands coups de sourires à chaque croisement, garçon, mais j'ai bien peur d'oublier ton visage.


De sa voix tremblante de vieil homme, il appela sa femme qui, comme tous les matins, s'était levée une heure plus tôt. Ce matin, il repensait à toutes leurs années de vie commune, les difficultés entre eux et les malheurs qu'ils subissaient ensemble, mais aussi le bonheur et ce qu'ils avaient construit ensemble. D'avoir vécu cette histoire ensemble, il éprouvait un amour infini pour cette femme qui, à ses yeux et malgré le maquillage de l'âge, était toujours la jeune fille qu'il avait rencontrée 50 ans plus tôt. Elle était son miracle.
Elle ne répondait pas. Malgré tout l'amour qu'il éprouvait pour elle, il grommela un juron, puis se prépara à préparer un café. Ce soir là, ils devaient retrouver leur fils qui leur avait promis une bonne surprise. Elle avait dû passer au marché, acheter de quoi préparer un dessert. Dernièrement, ils n'avaient que très rarement vu leur fils et c'était donc un jour heureux.

Le café était déjà prêt et il le fit réchauffer à la casserole. Le café était une graine sacré pour lui. Il avait longtemps travaillé dans ce domaine, et, un de ces tristes et ennuyeux dimanches de sa jeunesse, c'est dans un café qu'ils s'étaient rencontré (en buvant du café). Une fois le café chaud, il prit une tasse (celle que se fille lui avait décorée pour une fête des pères, quelques décennies auparavant) et passa lentement au salon.

Sa femme était là, assise sur le canapé de cuir. Toute blanche, magnifique et un bol brisé à ses pieds.
Il s'assit à côté d'elle, lui caressa doucement la joue, tandis que sur les siennes coulaient de grosses larmes sans sanglots. Il but son café puis attendit la mort.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

L'art de se quitter: Se dire au revoir de manière brève, sans retour sur soi. Embrasser chaleureusement les siens, avec amour, et partir d'un coup d'un seul.