Certes, j'écris d'habitude de l'abstrait ou tente d'embellir des mots. Dés aujourd'hui, je veux pouvoir m'exprimer sur le monde, ce qui nous entoure, les problèmes ou les simples questions qui se posent ici et maintenant.
Rien de bien important, rien sur la vie, rien des choses qui se chuchotent bassement ou en secret, qui se pleurent. Les simples problèmes publics, auxquels on saurait apporter une réponse, contrairement aux autres. Une réponse, certes débattue et jamais éternelle, mais une réponse cependant. Des problèmes auxquels on peut opposer un point de vue qui est le notre et qui est concret.
Donc aujourd'hui, rien sur les fleurs de coton ou autres abstractions absurdes. Aujourd'hui, rien que des pensées raisonnées.
Je m'adresse ainsi à qui tente de s'ouvrir assez pour comprendre mon point de vue. Je m'adresse à ce qu'on appelle un lecteur.
Le sujet abordé ici est des plus banals et ennuyeux, mais j'y tiens. Parce que j'en ai débattu et parce qu'il tient du respect de l'autre.
C'est celui du port du voile. Rappelons le, le voile est interdit notamment dans les écoles.
Je suis personnellement contre cette interdiction (mais ne suis pas législateur).
Je n'aborde pas le voile comme signe de la soumission de la femme. C'est un débat que je juge puéril et inadapté au problème aujourd'hui (mais on peut en parler, sâchant que mes connaissances de l'islam sont assez limitées). Personnellement, je ne trouve pas le voile humiliant -mais dois-je dire que je n'en ai jamais porté?
Ce que je vois dans le voile, c'est d'abord un signe d'appartenance à une communauté, et donc la revendication d'une identité. On peut individuellement juger cela bête, mais cela est un phénomène social comme un autre.
Nous acceptons les vêtements comme signe d'appartenance à un mouvement politique (les débuts du keffieh, aujourd'hui devenu phénomène de mode, ou ceux du signe "peace" à l'origine contestant le nucléaire). Nous acceptons les vêtements comme signe d'appartenance à un mouvement culturel (le mouvement punk, le mouvement hip-hop, etc.). Nous acceptons les vêtements comme signe d'appartenance à une classe sociale ou à un corps professionel. Alors pourquoi ne pas les accepter comme un signe d'appartenance religieuse (en acceptant bien sûr des t-shirts représentant ce bon vieux Jésus -avec en arrière-plan un signe peace, pourquoi pas?- ou des vestes indiquant "Je suis athé")
A cela, on pourrait me répliquer que la religion et le rapport à Dieu sont quelque chose d'intérieur à l'individu, à ne pas impliquer publiquement. Mais c'est faux, la religion est avant tout un phénomène sociale qui s'alimente des peurs individuelles de l'homme. Revendiquer son identité religieuse, c'est revendiquer une partie de son identité et son appartenance à une communauté.
Nous sommes tous différents, nous croyons tous à des choses différentes, alors pourquoi, hypocritement et au nom du principe de laïcité et de neutralité de l'Etat, interdire le port du voile.
Le problème n'est que celui de son acceptation dans la sphère social. De l'acceptation d'un inévitable communautarisme aujourd'hui, et des revendications identitaires qui vont de pair, dans un pays qui se veut unitaire, centralisé et qui ainsi voudrait parfois uniformiser ses citoyens.
Mais l'uniforme n'a jamais été la solution, il ne fait que dénaturer les individus.
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1 commentaire:
Hum, il y a une nuance plus fine : certaines femmes sont forcées de porter le voile par leur mari et leur famille, alors que tu choisis d'être punk, hippie, ou bobo (bien qu'il y ai certes une part de déterminisme là dedans). De même tu choisis ton mouvement politique.
De plus, il y a une certaines marque de soumission de la femme à l'homme dans le port du voile (bien que certaine musulmane revendique leur joie de porter le voile, elles sont loin d'être une majorité).
Bref, il n'y pas vraiment de solution, on ne peut pas interdire strictement de porter le voile, ce qui serait inutile et aggraverait les choses. La seule voie est toujours la même : l'éducation et l'apprentissage de la liberté.
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