mardi 7 juillet 2009

Et les longues journées d'ennui, il fumait.
Ensemble, ils évoquaient et racontaient leur passé. Ils en riaient souvent, et surtout de leurs bêtises quotidiennes, de leurs soirées devenues folles. Elle avait parlé de cette fois-là, il avait parlé de cette fois-ci, et lui avait ajouté quelques détails. Ils avaient ri tous ensemble.
Ils parlaient des interdits et de toutes ces bêtises de jeunesse, qui créent forcément des liens et de l'affection.
Ils fumaient tous ensemble, et quand la substance avait conquis le sanguin, les esprits se délivraient et parlaient sans aucun contrôle. Chacun s'en rendait compte, se disait qu'en temps normal, cette conversation n'aurait jamais pu durer, mais les mots et les idées s'envolaient, les mots s'enchainaient rapidement et tant d'histoires étaient racontées.
Des histoires pas toujours très drôles ou pleines d'aventures, mais des histoires de vie, et des histoires qui peut-être nous permettaient de mieux connaître l'autre.

Parfois, quand la conversation s'arrêtait un instant, je pouvais me retourner vers moi-même. Ma perception du monde avait changé. Mes sens semblaient déréglés. La vieille ampoule semblait un soleil. Le bruit de la chaudière, pourtant presque inaudible, résonnait profondément dans mon crâne. Je pensais à une chanson. La mélodie ne me sortait plus de l'esprit. Je découvrais des interprétations insensées des paroles. La fil de mes pensées était tout autre, le lien entre chacune ne pouvait plus être perçu que par moi et par aucune logique commune.

Puis les pensées s'arrêtaient, et je ne pensais plus qu'à dormir. Bien obligé, je me redressais et tentais de relancer la conversation stoppée sans raison.

Et puis je redescendais.

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