Ici, les journées sont longues et les nuits trop courtes. Je ne vis parfois que pour le soir qui arrive. Pour me rendre fou le soir qui arrive. La nuit qui arrive.
Et le matin, je me lève avec des souvenirs flous de la veille. Précis parfois, mais toujours des souvenirs au goût de rêve.
Et cette impression d'être dénaturé.
Alors, le petit garçon que j'étais se réveille en moi. Face au miroir, il regarde et pense "ce n'est pas moi"
Toute son innocence et sa fragilité face à ce que je suis. Mon corps qui a changé, qui n'est plus celui du petit de 6 ans. Mon esprit qui a changé, qui n'est plus l'innocence que j'étais. Le petit qui s'amusait avec des bouts de bois et des amis s'étonne maintenant de se voir se rendre fou. Le petit qui s'endormait au milieu de la soirée dans le cocon rassurant de sa chambre (et aimait tant cela) s'étonne de se voir ne pas dormir des nuits.
Le petit ne juge rien, mais constate simplement qu'il n'a peut-être plus sa place ici. Il s'en attriste. Je m'en attriste, parce qu'après tout j'aime aussi ce que j'étais petit. J'aime ce petit que je retrouve certaines nuits, dans certains rêves. Que je retrouve cueillant des framboises. Que je retrouve dans mes livres d'enfance.
J'aime ce petit et voudrait qu'il reste avec moi.
Je crois que je vais sortir un moment de ma routine, de cette routine qui ne pense qu'au soir.
Je vais partir, m'éloigner quelques temps.
1 commentaire:
Celle qui se tient devant toi est à peu près la même. Des histoires différentes mais un même résultat. Et pourtant. Pourtant moi je sais que la petite fille que j'étais, je ne la laisserait pas s'envoler. Oh ! Bien sur, elle n'est pas là à la surface mais cachée sous quelques couches d'alcool, de cours, de sexe, d'examens, d'amis... N'empêche que, quand j'en ai besoin, quand je me blottis dans les bras de maman, elle est bel et bien là. Et je le la laisserait fuir pour rien au monde.
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